Tribune 840

26 octobre 2011 | Actualités

Le Département de danse de l’UQAM présente Tribune 840 n°13

Danse et érotisme : « Voulez-vous danser avec moi? »

Mercredi 2 novembre 2011 de 12h30 à 14h à la Piscine-théâtre
Département de danse de l’UQAM, 840 rue Cherrier, Montréal

Participants :

– Sarah Eleonor Lamontagne, artiste multidisciplinaire et danseuse érotique néo burlesque connue sous le nom de Miss Betty Wilde

– Manon Oligny, directrice artistique et chorégraphe de la Cie Manon fait de la danse, professeure invitée au Département de danse UQAM

– Jade Marquis, étudiante à la maîtrise en danse à l’UQAM

« Que j’aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau! »
Charles Baudelaire, Le serpent qui danse

La danse, art par excellence du corps en mouvement, semblerait toute désignée pour être le berceau de l’érotisme, de cette célébration du désir et du plaisir charnel. Paradoxalement, en Occident, on reste frappé par le tabou entourant cette dimension. Pourtant, depuis que la Camargo au 18e siècle a raccourci sa jupe de quelques centimètres pour mieux montrer la virtuosité de ses entrechats, la jupe puis le tutu n’ont cessé de dévoiler les jambes de manière de plus en plus suggestive alimentant ainsi les fantasmes des balletomanes.

De son côté, l’univers du théâtre burlesque et de ses effeuilleuses a cherché à raffiner et exploiter ce potentiel érotique du corps dansant. Les deux univers sont toujours restés parallèles, la ballerine virginale revendiquant son appartenance au monde de « l’art » et la stripteaseuse à celui de la séduction et du commerce du corps.

Durant le 20e siècle, l’exotisme servit de prétexte ou de justification à une affirmation plus sensuelle de la danse théâtrale. La dimension transgressive du corps érotique se retrouve notamment dans les danses lascives de Salomé (héroïne d’un épisode des Évangiles dans lequel elle charme et séduit son beau-père par la danse, inspira deux opéras), les costumes des danseuses sacrées hindoues ou dans les mouvements suggestifs des danseuses orientales.

Pourtant, dans tous les cas, c’est le même corps qui est en jeu, porteur d’une incontournable charge érotique. En tant qu’art qui met en scène le corps dans ses dimensions sensorielles et esthétiques, la danse est lieu de fantasmes et de désirs.
« La danse dit en silence, avec le corps, mais elle ne dit et ne montre pas tout : elle dévoile et produit une « présence absente », un désir. Ce corps en scène est là pour « faire de l’art ». Il est donc une médiation. L’érotisme scénique est forcément sublimé. » (Verrièle, 2006, p.29).

Aujourd’hui, la pluralité des discours politiques et philosophiques sur le corps oriente différemment la question de l’érotisme en danse. Dans une société qui carbure aux images de séduction, comment se positionne la danse, entre l’intention délibérée ou non de séduire, ou celle de dénoncer les rapports de pouvoir sous-jacents à toute tentative de séduction ?

Geneviève Dussault

Références
VERRELIÈRE, Philippe, La Muse de mauvaise réputation, La Musardine, Paris, 2006.
BAUDELAIRE, Charles, Les fleurs du mal, Gallimard, Paris 1964.

Comité d’organisation : Nicole Harbonnier-Topin, Geneviève Dussault, Johanna Bienaise,
Sarah Dell’Ava, Catherine Lavoie-Marcus, Marie Mougeolle, Ginette Prévost
Contact : harbonnier-topin.nicole@uqam.ca Tél. : (514) 987-3000, poste 2455